Réformes dans l’enseignement : la rentrée prochaine encore entourée d’incertitudes
| Posté le 12/05/2025 — Actualité précédente / suivante |
Le projet de décret-programme porté par la majorité MR-Les Engagés continue de provoquer de vives tensions au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au cœur des débats : l’augmentation du minerval dans l’enseignement supérieur et la hausse de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur, deux mesures que le gouvernement souhaite appliquer dès la prochaine rentrée scolaire.
Après de longues discussions parlementaires, le vote du texte a toutefois été mis entre parenthèses dans l’attente de l’avis du Conseil d’État sur plusieurs amendements déposés par l’opposition. Les partis PS, Ecolo, PTB et Lib.res contestent notamment certains aspects juridiques et démocratiques du projet, estimant que plusieurs dispositions soulèvent de véritables difficultés de mise en œuvre.
Malgré cette suspension temporaire, la majorité assure que le calendrier initial reste inchangé. Les cabinets des ministres Valérie Glatigny et Elisabeth Degryse affirment vouloir maintenir un vote définitif du décret avant la fin du mois de mai afin de permettre une entrée en vigueur dès septembre.
Le président du Parlement de la FWB, Benoît Dispa, a d’ailleurs demandé au Conseil d’État de traiter le dossier en urgence. Une procédure qui pourrait réduire considérablement les délais habituels d’examen afin d’éviter un blocage prolongé.
Sur le terrain, la situation inquiète de plus en plus les directions d’école et les établissements d’enseignement supérieur. Beaucoup dénoncent un manque de visibilité à quelques mois seulement de la rentrée académique. Dans le secondaire, l’augmentation de la charge horaire des enseignants oblige déjà les écoles à revoir l’organisation des cours et les grilles horaires, alors que celles-ci sont normalement préparées bien avant l’été.
Des directeurs d’établissement craignent également des conséquences sur l’emploi et sur la stabilité des équipes pédagogiques. Plusieurs responsables expliquent devoir planifier l’année prochaine sans connaître précisément les impacts de la réforme sur les affectations et les volumes d’heures disponibles.
Du côté de l’enseignement supérieur, les inquiétudes portent surtout sur la réforme du minerval. Certains acteurs du secteur estiment que les délais laissés aux universités, hautes écoles et services administratifs sont trop courts pour adapter correctement les procédures et traiter les dossiers des étudiants dans de bonnes conditions.
L’opposition accuse le gouvernement de vouloir imposer des changements majeurs dans la précipitation, malgré les mises en garde répétées des professionnels de l’enseignement. La majorité, elle, reproche à ses adversaires de ralentir volontairement les travaux parlementaires au risque d’entretenir davantage l’incertitude sur le terrain.
À ce stade, les écoles et les établissements supérieurs continuent donc de préparer la rentrée en partant du principe que les réformes seront adoptées. Mais beaucoup reconnaissent avancer dans un climat particulièrement flou, avec la crainte que les décisions définitives n’interviennent trop tard pour permettre une organisation sereine de la prochaine année scolaire.
Le Vif, 12 mai 2026