Vers une uniformisation du diplôme de kiné en haute école et à l'université ?

Posté le 12/02/2026  —  Actualité précédente / suivante

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles se penche sur une réforme des études de kinésithérapie. Leur volonté est un passage de quatre à cinq années d'études, avec le même diplôme à la clé pour les étudiants sortant de l'université ou de la haute école.

Un diplôme identique

Le gouvernement voudrait instaurer un cursus en 5 ans, à 300 crédits : un bachelier en kinésithérapie à 180 crédits suivi d'un master à 120 crédits. L'étudiant pourrait y choisir une spécialisation comme la kiné sportive, la kiné respiratoire, les thérapies manuelles, ... L'objectif est également que les étudiants puissent passer de la haute école à l'université sans avoir besoin de réaliser une passerelle. Cette réforme devrait prendre place pour la rentrée 2026-2027, cependant, les étudiants qui ont déjà entamé ce cursus pourront le terminer en quatre ans, comme cela se fait actuellement. 

Actuellement, les deux cursus se réalisent en quatre ans et la différence principale réside dans l'intitulé du diplôme : master en kinésithérapie pour les hautes écoles et master en kinésithérapie et réadaptation pour les universités. Cependant, ils mènent tous les deux à la même profession et les responsabilités cliniques ainsi que les interventions de l'Inami sont identiques. 

Un cap déjà passé en Flandre

L'objectif de cette réforme est également de se calquer au cursus déjà réformé en Flandre. Cependant, dans la partie néerlandophone du pays, il n'est possible de recevoir une formation de kinésithérapie qu'à l'université, dans un parcours en cinq ans. 

Les universités se montrent réticentes au changement

Si du côté des hautes écoles la réforme est accueillie positivement, les universités se montrent plus prudentes. Elles n'apprécient pas l'idée d'un diplôme unique car leurs étudiants kinés sont en contact avec ceux en médecine et vont donc plus loin dans les sciences dures, avec un enseignement davantage basé sur l’evidence based-practice (la pratique fondée sur les preuves). Leur crainte est donc la dévalorisation des diplômes universitaires et une moindre reconnaissance au niveau international. 

Afin de répondre à cette crainte, le gouvernement souhaiterait que 80% des cours théoriques soient donnés par des enseignants titulaires d'une thèse de doctorat. Les écoles auront jusqu'à l'année 2035-2036 pour se mettre à jour. Du côté des hautes école, ce chiffre tourne actuellement autour des 50%. Et s'ils disent comprendre la crainte des universités, ils sont en revanche moins convaincus par cette règle de 80%, bien qu'ils se disent disposés à l'appliquer.  

Une réforme pour répondre aux besoins des patients

Selon le ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke, cette réforme permettrait aux patients de s'adresser directement à leur kiné pour certains types de consultations (comme des douleurs aux lombaires), sans devoir passer au préalable par leur médecin traitant. Cela permettrait donc un accès plus direct aux soins. 

Cependant, le projet de décret n'a pas encore été adopté par le gouvernement lors d'une seconde lecture. Il pourrait donc encore être adapté ou faire être sujet à des modifications.

Le Soir, 12 février 2026

 


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